Histoire de la Wehrmatch

 

Wehrmacht (en français, « Force de défense ») est le nom donné à l’armée allemande de 1935 à 1945, dans le cadre du régime nazi et de sa remise en cause des clauses du traité de Versailles (1919) qui limitaient drastiquement la taille et la puissance de la Reichswehr. Pendant quelques années, la Wehrmacht a été l'armée la plus puissante et la plus redoutable du monde.

Elle comprend trois éléments : la Heer (« Armée de terre »), la Kriegsmarine (« Marine ») et la Luftwaffe (« Armée de l'air »).

La Waffen-SS ne fait pas partie de la Wehrmacht, mais de l'Allgemeine-SS dirigée par Heinrich Himmler, mais dépend néanmoins du haut commandement de la Wehrmacht (OKW) sur le plan opérationnel. A l'origine petite organisation paramilitaire du parti nazi, elle s'est progressivement étoffée jusqu'à atteindre le million d'hommes pendant la Seconde Guerre mondiale.

La Wehrmacht est dissoute en 1945 à la suite de la capitulation du 8 mai. Lorsqu'en 1955, une armée est recréée par les Alliés en Allemagne de l'Ouest (République fédérale d'Allemagne), elle prend le nom de Bundeswehr (en français, « Défense fédérale ») pour bien marquer le changement politique, car la Wehrmacht restera tristement célèbre dans l'histoire pour avoir été l'instrument de la politique agressive du nazisme.

En instituant aussitôt après la mort d'Hindenburg, le 2 août 1934, le serment solennel du soldat par lequel celui-ci s'engageait à obéir au Führer , Hitler créait les conditions d'une brutale politique d'expansion et d'agression : « Je fais devant Dieu la promesse sacrée d'une obéissance absolue au Führer du Reich et du peuple allemand, commandant suprême de la Reichswehr[1], et d'engager ma vie de vaillant soldat au service de ce serment. » Plus tard, ce serment servira d'alibi à bien des militaires pour justifier leur passivité face aux ordres injustifiés des nazis, ce qui explique l'introduction d'un article dans la Constitution de l'actuelle République fédérale, reconnaissant aux militaires le droit de désobéir à des ordres qui heurteraient leur conscience.

Le terme Reichswehr disparut définitivement de l'usage officiel à partir de 1935 et l'armée allemande fut désignée par le terme Wehrmacht lors de la réinstitution de la conscription.

Usant de nombreuses innovations, dont notamment l'emploi de la tactique du Blitzkrieg, la Wehrmacht connut un grand nombre de succès au début de la Seconde Guerre mondiale, avant d'être confrontée à une adversité plus forte (avec une sous-estimation des forces de l'Union soviétique puis l'entrée en guerre des États-Unis), la défaite emblématique de Stalingrad et à un épuisement de ses propres ressources, qui l'ont conduite à une multiplication de revers et finalement à la défaite en 1945.

On note, en reprenant un article du site « La plume et le sabre »[2], que « face à l'expérience du front de l'Est ou la plus grande partie de ses forces sont impliquées, elle subit, entre 1941 et 1945, une baisse du niveau de l'encadrement, les officiers et sous-officiers vétérans remplacés par des hommes moins expérimentés, suite aux énormes pertes subies ainsi qu'une démodernisation ».

La première facette, la plus évidente, est celle de la diminution du niveau technologique global. Un simple exemple suffira à l'illustrer : en 1941, les Panzerdivisions allemandes sont intégralement motorisées ; en 1945, les tables d'organisation de ces mêmes unités prévoient des bataillons d'infanterie cyclistes et des unités du train hippomobiles. L'attrition et la trop tardive mobilisation industrielle allemande, ainsi que la nécessité de lever toujours plus d'unités, ont conduit à diminuer le niveau technologique global de l'armée allemande. Ce qui est intéressant, c'est que cette démodernisation technologique s'est accompagnée de la production d'armements très en avance par le complexe militaro-industriel allemand : armements antichars (Panzerfaust), fusil d'assaut StG44, char Panther, chasseurs et bombardiers à réaction (Me 262 et Ar 234), et les premiers missiles (V-1, V2), mais que ces armements coûteux ont eu raison de la cohérence de l'ensemble : la qualité ne peut compenser la quantité et la performance de certains matériels est sans objet si des fonctions logistiques élémentaires ne peuvent plus être accomplies.

Le second volet de la démodernisation allemande fut tactique : les pertes colossales subies par l'armée allemande ne lui permirent pas de préserver la qualité de l'encadrement, et conduisirent à la promotion trop rapide d'officiers pour combler les pertes. Si l'efficacité tactique de la Wehrmacht se maintint tant bien que mal jusqu'en 1945, ce fut au prix de l'emploi pour accomplir des missions simples d'unités toujours plus grandes : là où un régiment aurait suffit en 1942, les contre-attaques de 1944 étaient conduites par des divisions ; en outre, l'Auftragstaktik tant vantée fut sacrifiée dans les dernières années du conflit, et remplacée par un style de commandement beaucoup plus directif, afin de compenser la moindre qualité de l'encadrement aux échelons intermédiaires (régiment, bataillon, compagnie). Aussi, l'armée allemande de 1945 était du point de vue tactique, et à l'exception de quelques unités d'élite, arriérée par rapport à ses adversaires qui avaient eux subi l'évolution inverse.

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